La Transition Républicaine

Vérification

D'où viennent les chiffres


Un chiffre sans source est une opinion. Voici, pour chaque montant affiché sur ce site, sa source, son périmètre, son statut et ce qui reste à confirmer. Y compris ce qui n'est pas sourcé.

Trois statuts, et un seul manque

Tous les chiffres d'un projet politique ne sont pas de même nature. Les confondre est la première malhonnêteté.

  • Constaté. Le montant a été publié par une institution et peut être vérifié aujourd'hui, par n'importe qui, en suivant le lien donné.
  • Objectif. La Transition s'engage sur une enveloppe. Le montant n'est pas démontré : il est visé, et l'engagement est de l'atteindre ou d'expliquer pourquoi il ne l'a pas été.
  • Estimation à vérifier. Le montant dépend de données que l'audit d'entrée devra confirmer. Il est donné pour que l'on puisse le contester dès maintenant.

Aucun levier de ce plan n'a le statut d'économie confirmée. Il n'y en a pas une seule.

Les chiffres constatés

Ce sont les seuls que vous n'avez pas à nous accorder. Ils sont publiés, et nous n'y sommes pour rien.

Déficit public 2025152,5 Md€

Soit 5,1 % du PIB, pour l'ensemble des administrations publiques — État, Sécurité sociale et collectivités. Après 169,1 Md€ et 5,8 % en 2024.

Constaté Insee, Le compte des administrations publiques en 2025, Insee Première n° 2106, mai 2026. Consulter

Dette publique fin 20253 460,5 Md€

Soit 115,7 % du PIB, au sens de Maastricht. La publication provisoire de mars 2026 indiquait 115,6 % ; l'écart tient à la révision du PIB, pas à celle de la dette.

Constaté Insee Première n° 2106, mai 2026.

Charge d'intérêts 202564,7 Md€

Versés par l'ensemble des administrations publiques, en hausse de 11,2 % sur un an. Montant hors correction au titre des Sifim, comme le précise l'Insee.

Constaté Insee Première n° 2106, mai 2026, figure 4.

Le fait majoritaire, et ses deux exceptions1962 — 2022

Sièges obtenus aux législatives qui suivent l'élection présidentielle : 268 sur 482 en 1962, 285 sur 491 en 1981, 399 en 2002, 313 en 2007, 314 en 2012, 350 en 2017 — et 245 en 2022, loin des 289 nécessaires.

Constaté Assemblée nationale, résultats des élections législatives. Les totaux de 2002, 2012 et 2017 incluent les alliés de la majorité présidentielle ; le périmètre des groupes alliés est discutable à quelques sièges près, jamais au point de changer le sens.

Référendum du 28 octobre 196262,25 %

Élection du président au suffrage universel direct, approuvée par référendum selon une procédure que la quasi-totalité de la doctrine jugeait inconstitutionnelle. Le Conseil constitutionnel, saisi par le président du Sénat, s'est déclaré incompétent.

Constaté Conseil constitutionnel, décision n° 62-20 DC du 6 novembre 1962.

Italie, redressement 2023-20247,2 % → 3,4 %

Déficit public rapporté au PIB. Cité comme précédent d'un redressement rapide, non comme modèle : la situation italienne de 2011 et la situation française de 2027 ne sont pas comparables terme à terme.

Constaté Eurostat, notification des déficits et dettes publics.

Les neuf leviers du budget

Aucun de ces montants n'est acquis. Chacun porte sa fourchette, sa source et ce qui doit encore être confirmé. C'est le chapitre VII du manifeste, repris ici sans retouche.

1 — Suspension temporaire des niches fiscales+ 85 Md€

Coût annuel des dépenses fiscales : environ 92 Md€ pour 2025, 88 prévus pour 2026. Les dispositifs liés au handicap, à l'invalidité et à la dépendance sont exclus, soit environ 5 Md€. Suspension d'un an, non suppression.

Estimation à vérifier Projets de loi de finances 2025 et 2026, annexe « Évaluation des voies et moyens », tome II. À confirmer : la part effectivement encaissée dans l'année.

2 — Moratoire d'un an sur les aides vertes+ 7 Md€

Fourchette de 5 à 10 Md€ selon le périmètre retenu. Portent sur les seuls crédits non encore engagés : les contrats signés sont honorés.

Estimation à vérifier I4CE, Panorama des financements climat ; Cour des comptes ; projet de loi de finances 2026. À confirmer : le volume des crédits non engagés, et le périmètre.

3 — Frais de l'État : achats et dépenses d'intervention+ 42 Md€

Achats : 25 Md€, soit une réduction de 15 % des 163,5 Md€ de consommations intermédiaires des administrations publiques. Dépenses d'intervention : 17 Md€ sur un périmètre d'environ 100 Md€. Fourchette basse de l'ensemble : 27 Md€.

Objectif Insee, compte des administrations publiques 2025. À confirmer : l'engagement des collectivités et des hôpitaux, et la répartition de l'enveloppe par l'audit.

4 — Fraude : recouvrements supplémentaires+ 20 Md€

Fraude fiscale estimée entre 60 et 80 Md€ par an ; fraude sociale entre 6 et 13 Md€ de prestations indues, plus 10 à 30 Md€ sur les cotisations. Aujourd'hui, 10 à 15 Md€ sont effectivement recouvrés. Fourchette retenue : 15 à 25 Md€ de recouvrements supplémentaires.

Objectif Conseil des prélèvements obligatoires, rapport 2023 ; Haut Conseil au financement de la protection sociale, rapports 2022 et 2024 ; DGFiP ; Urssaf ; Assurance maladie, bilan 2025. À confirmer : les délais de recouvrement. C'est l'objectif le plus ambitieux du plan, et le plus contestable : une fraude détectée n'est pas une somme encaissée.

5 — Gel des grands projets non prioritaires+ 8 Md€

L'État investit environ 15 Md€ par an dans de grands projets d'infrastructure. Fourchette retenue : 7 à 10 Md€, nets des indemnités.

Estimation à vérifier Programme 2024 des investissements de l'État ; rapports annuels de la Cour des comptes sur les grands projets d'infrastructure. À confirmer : les indemnités contractuelles dues en cas de report.

6 — Politique énergétique0 Md€

Effet budgétaire net retenu : nul. Le gain attendu va aux ménages et aux entreprises, pas au budget de l'État, et il n'est donc pas compté dans l'équilibre.

Objectif, hors équilibre Commission de régulation de l'énergie, délibération du 15 juillet 2026 relative aux charges de service public de l'énergie pour 2026 et 2027 ; RTE. À confirmer : la voie juridique de sortie du marché européen — négociation ou décision contentieuse selon l'option retenue.

7 — Modernisation de l'État+ 2,5 Md€

Départs à la retraite non remplacés, contrats et agences. Les trois fonctions publiques enregistrent environ 137 000 départs par an — 136 700 nouvelles pensions en 2024. L'effet monte à 8-12 Md€ en régime de croisière, soit de l'ordre de 10 Md€ au bout de trois ans ; seuls 2,5 sont comptés la première année.

Estimation à vérifier Direction interministérielle de la transformation publique ; Insee. À confirmer : la part des postes réellement automatisables sans perte de service.

8 — Suspension de l'aide publique au développement+ 3,5 Md€

Hors aide humanitaire d'urgence, qui est maintenue. Fourchette : 3 à 3,5 Md€.

Objectif Ministère de l'Europe et des Affaires étrangères ; OCDE ; Sénat, rapport sur le projet de loi de finances 2026, mission « Aide publique au développement ».

9 — Échange « normes contre aides »0 Md€

Les aides aux entreprises sont retirées à mesure que les normes qui les justifiaient disparaissent. L'effet budgétaire de la première année est nul par construction, et le gain ultérieur n'est pas compté.

Objectif, hors équilibre Haut-commissariat à la stratégie et au plan, rapport sur les aides publiques aux entreprises, juillet 2026 ; iFRAP, 100 milliards d'impôts cachés : le poids des normes administratives, 2022.

Total des neuf leviers+ 168 Md€

Les coûts, et le solde

Un plan qui n'affiche que ses recettes n'est pas un plan.

Baisse des cotisations salariales– 7,5 Md€

Moitié de la mesure la première année. Le coût complet est de 15 Md€ en année pleine, atteint la deuxième année.

Plan pénitentiaire d'urgence– 4 Md€

25 000 à 30 000 places modulaires, pour un coût estimé de 3 à 4 Md€. La borne haute est retenue.

Contribution européenne, réduction exceptionnelle+ 5 Md€

Première année seulement. C'est le poste le plus fragile du plan : il suppose l'accord de nos partenaires, et il ne se renouvelle pas.

Solde de la première année+ 161,5 Md€

168 – 11,5 + 5. À comparer au déficit public de 2025 : 152,5 Md€.

Marge+ 9,0 Md€

Soit 5,6 % du plan. Si le déficit revenait à son niveau de 2024 — 169,1 Md€ — le plan serait en déficit de 7,6 Md€ : c'est le scénario de stress, et il est perdant.

Le pouvoir d'achat, calcul compris

Les montants annoncés sur la page d'accueil ne sortent de nulle part. Voici l'addition, pour un foyer dont le salaire est inférieur à 2 000 € nets.

Électricité+ 40 à 65 € / mois

Objectif d'une baisse de 30 à 40 % de la facture, soit 500 à 800 € par an pour un foyer moyen, ramenés au mois. L'effet est le même les deux années.

Objectif Dépend de la sortie du marché européen de l'électricité, elle-même soumise à référendum. Si le peuple refuse, ce gain n'existe pas.

Cotisations salariales, première année+ 75 à 125 € / mois

Moitié de la mesure. L'objectif complet est de 150 à 250 € par mois, atteint la deuxième année.

Objectif Coût budgétaire : 7,5 Md€ la première année, 15 Md€ en année pleine. Ce coût est compté dans le plan.

Première année+ 115 à 190 € / mois

Deuxième année+ 190 à 315 € / mois

Ce sont des objectifs, pas des résultats acquis. Les deux mesures dépendent de décisions qui n'ont pas encore été prises : la première d'une loi de finances rectificative, la seconde d'un référendum. Si l'une des deux échoue, le montant tombe d'autant. Nous préférons l'écrire ici que de le découvrir en 2028.

Ce qui n'est pas compté

Trois gains réels sont volontairement exclus de l'équilibre. Les compter rendrait le plan plus facile, et moins sérieux.

  • 30 à 40 Md€ par an de compétitivité énergétique pour les entreprises. Partie des 45 à 60 Md€ de gain attendu pour l'économie, dont 500 à 800 € par an et par foyer. Ce gain ne rentre pas dans les caisses de l'État : il n'a donc rien à faire dans un solde budgétaire.
  • Le produit de l'échange « normes contre aides ». Réel, mais étalé dans le temps et impossible à chiffrer avant l'audit.
  • Le dividende d'attractivité. L'effet d'entraînement d'un pays qui rééquilibre son budget, restaure sa souveraineté juridique et baisse le coût de son énergie. Plausible, invérifiable d'avance, donc écarté.

Un plan qui tient sans ses bonnes surprises est un plan qui tient.

Ce que nous n'avons pas su sourcer

La page serait malhonnête si elle ne contenait que des chiffres sourcés. Voici ceux qui ne le sont pas.

  • « Entre 400 000 et 450 000 normes ». Le manifeste écrit « selon les estimations convergentes » sans citer de source primaire. Le chiffre circule largement dans le débat public sur la simplification ; nous ne sommes pas remontés à son origine. Il doit être sourcé ou retiré.
  • « Plus de 1 200 normes encadrent le secteur agricole ». Même statut : repris, non vérifié de première main.
  • « Jusqu'à dix-sept logiciels pour une consultation simple ». Même statut. L'ordre de grandeur est confirmé par des témoignages de praticiens, ce qui n'est pas une source.

Trois chiffres non sourcés sur une centaine. Les voici nommés, pour que vous n'ayez pas à les chercher.

Corrections

Toute erreur trouvée est inscrite ici, datée, avec ce qu'elle change. Rien n'est effacé.

Déficit public 202516 octobre 2026

Le site et le manifeste indiquaient 151,6 Md€. Le montant publié par l'Insee est 152,5 Md€. L'erreur portait sur 0,9 Md€ et ramène la marge de la première année de 9,9 à 9,0 Md€ — le plan reste à l'équilibre, avec une marge plus courte de près d'un dixième.

Corrigé sur l'ensemble du site. Le manifeste imprimé porte encore l'ancien chiffre et sera corrigé à la prochaine édition. Source de la correction : Insee Première n° 2106, mai 2026.

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